Histoire de Saint-Romain – Charente -

Pour Saint-Romain, comme pour tous les villages de France et d'ailleurs, on ne peut parler d'histoire qu'avec l'appui de documents écrits. Nous distinguons quatre périodes dans l'histoire :

1) Période gallo-romaine ( de -3 000 à 476 après-Jésus-Christ)

Pendant la période gallo-romaine (52 avant Jésus-Christ jusqu'à la chute de l'Empire Romain d'Occident en 476 après Jésus-Christ), les Gallo-Romains occupèrent ce qui est actuellement la France, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg etc... Les traces d'occupation sur les terres de Saint-Romain se retrouvent dans les quelques découvertes de bris de céramiques (Puycheni, Fonteneau).

Ces restes de céramiques que l'on trouve beaucoup en France correspondraient aux bris des amphores qui étaient systématiquement cassées après leur première et seule utilisation.

Le nom est attesté sous la forme latine Sanctus Romanus prope Albam Terram, signifiant « Saint Romain près d’Aubeterre ». Romain était un prêtre confesseur à Blaye, mort en 385.

Vers la fin du Vème siècle, en 476 après Jésus-Christ, la chute de l'Empire Romain d'Occident mit un terme à la période de l'Antiquité pour donner naissance au Moyen Âge qui dura dix siècles, jusqu'en 1453 ( XVème siècle).

2) Période du Moyen Âge  (de 476 à 1453)

À partir de cette époque, les rois se succédèrent, convaincus qu'ils tenaient leur pouvoir de Dieu (religion chrétienne catholique).

Selon un document de 1025, il aurait existé une ancienne « Romanore villa » ou domaine de Romanore. Le nom s'est transformé en Saint-Romain, sans doute sous la plume d'un moine zélé, à une époque où l'origine du toponyme avait été oubliée.

Dans les archives de Saint-Romain, nous trouvons la trace de la construction de l'église romane au XIème siècle et XIIème siècle (années 1200 et 1300). Dans les notes de l'abbé Nanglar, au sujet de l'église, nous pouvons lire :«  Sa coupole est dominée par le clocher ».À cette époque, le cimetière était implanté autour de l'église.

Les marquisats apparaissent au cours du XIIème siècle (fin du Moyen Âge). Ils avaient autorité sur cinq à dix paroisses. Saint-Romain dépendait du marquisat d'Aubeterre (vous pouvez trouver plus de renseignements sur les marquis d'Aubeterre, sur ce site, dans la rubrique « ARMOIRIES DE SAINT-ROMAIN »).

3) Période des Temps Modernes  (de 1453 à 1789)

Pendant la Révolution de 1789, la commune s'est appelée provisoirement « Les Romains". Suite à la Révolution, après la chute de la monarchie, la Constituante vote, le 14 décembre, une loi créant les municipalités ou communes désignées comme la

plus petite division administrative en France, à la place des anciennes paroisses.

Saint-Romain devient alors une commune qui appartient au canton d'Aubeterre sur Dronne.

4) Période de l'Époque Contemporaine (de 1789 à nos jours)

Pendant cette période, l'histoire de Saint-Romain peut s'observer par des faits marquants comme :

  • L'enlèvement de l'ancien cimetière, en 1880, qui a été transposé, pour des raisons sanitaires, là où il est actuellement, c'est-à-dire au bord de la route départementale D2.

  • Les élections des différents maires de la commune, et, pour certains, réélus plusieurs fois (Mrs Camille DESVERGNES, Louis DÉLUGIN, Henri FORILLÈRE, Lucien TERRACOl, Pierre RIBEREAU, Lucette TERRACOL, Gilles DUPUY).

  • La construction de l'école publique, en 1887.

  • Les grands conflits mondiaux et nationaux qui, bien entendu, ont touché la région du fait des nombreuses pertes sur les champs de bataille.

  • La construction du monument aux morts, quelques années après la fin de la première guerre mondiale. La loi du 25 octobre 1919 sur "la commémoration et la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre" organise l'érection de monuments commémoratifs puis les cérémonies devant s'y tenir. La plaque commémorative du monument aux morts de Saint-Romain a été restaurée, une centaine d'années plus tard, en 2021.

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Né à Bellon en 1900 et mort à Paris en 1960, l'écrivain Pierre Véry est de ceux dont l'œuvre, plus que le nom, marque les mémoires. Son roman de 1935, "Les Disparus de Saint-Agil", a marqué deux générations d'adolescents à cinquante ans d'intervalle à travers les adaptations cinématographiques successives qui en ont été faites en 1938 et 1990. Et si aujourd'hui encore la figure discrète de cet auteur et scénariste reste attachée à Saint-Romain c'est parce que, bien que vivant à Paris, il est revenu régulièrement tout au long de sa vie sur la terre de Saint-Romain. C'est d'ailleurs la source d'inspiration de son œuvre la plus célèbre, "Goupi Mains-Rouges", publiée en 1937. "Dans le livre, il y a un passage où il décrit un grand-père assis à une table dans un restaurant avec un chat sur les genoux. En pliant le couteau avec lequel il mange, le personnage coupe la queue du chat : c'est une histoire qui s'est passée dans le restaurant de la cousine de ma mère. Elle m'a toujours raconté cette histoire et on la retrouve dans le livre ! ", se souvient Marie-Danièle Bonnet. En 1942, le cinéaste Jacques Becker adapte "Goupi" au cinéma et tourne une partie de son film à Villebois-Lavalette. Aujourd'hui, une stèle installée au lieu-dit "La Vigerie", à côté de la maison de son ami Prosper Châtaignier, célèbre l'œuvre de l'écrivain du pays. Les plus courageux peuvent également partir d'Aubeterre et rejoindre Bellon en passant par Saint-Romain pour suivre un sentier pédestre appelé "sentier Pierre-Véry" et marqué à l'effigie du poète.

Extrait de l'article de la Charente Libre